Chasse

Chevreuil dans l’île d’Anticosti : les chasseurs en auront plus pour leur argent (Michel Threlfall)

publié par André-A Bellemare 5 Commentaires

Dès l’automne 2017, les chasseurs de chevreuil qui fréquenteront les territoires de l’île d’Anticosti gérés par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ, une société d’État) en auront plus pour leur argent durant les mois de septembre et d’octobre. C’est ce qu’a révélé récemment le nouveau directeur général de la SÉPAQ-Anticosti, Michel Threlfall, alors qu’il répondait aux questions d’une demi-douzaine de journalistes chroniqueurs spécialisés en chasse et pêche, dont j’étais.

Threlfall, citoyen de Boucherville (sur la Rive-Sud de Montréal), est en poste à Anticosti depuis le 18 juillet dernier. Cet homme d’affaires ayant une formation de comptable a œuvré pendant 32 ans dans le domaine de la pourvoirie privée, surtout avec sa fameuse pourvoirie Explo-Sylva qui organisait la chasse du caribou autour du grand réservoir Caniapiscau, dans le Nord-du-Québec. Ce sont des chasseurs de têtes engagés par la SÉPAQ qui ont réussi à convaincre Threlfall d’accepter simultanément la direction générale des pourvoiries de la SÉPAQ-Anticosti et celle du Parc national d’Anticosti. Il habitera durant huit mois par année dans le village de Port-Menier, unique localité de cette immense île d’une superficie de 7980 km² comptant seulement quelque 165 habitants permanents.

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On ne répétera jamais assez que l’île d’Anticosti — ce véritable paradis de la chasse du chevreuil du nord-est de l’Amérique du Nord — est 42 fois plus vaste que l’île d’Orléans, 40 fois plus grande que les îles de la Madeleine, 17 fois et demie plus importante que l’île de Montréal, et une fois et demie plus grande que la province de l’Île-du-Prince-Édouard! Ce trésor appartenant à l’ensemble des citoyens du Québec depuis 42 ans (1975) est malheureusement encore trop méconnu. Voilà pourquoi Michel Threlfall entend y attirer le maximum de chasseurs et de touristes en prenant un train de mesures qu’il appliquera progressivement.

Deux jours de chasse de plus… sans payer plus!

«Ma vie a toujours été de rendre service aux gens et de les rendre heureux», a souligné Threlfall au groupe de journalistes réunis dans le Pavillon Vauréal d’Anticosti, à l’invitation de la SÉPAQ, durant la dernière semaine de septembre.

La première décision d’importance du nouveau directeur Threlfall est d’accorder aux chasseurs, à compter de l’automne prochain, deux jours de chasse de plus par séjour… sans augmenter le tarif du séjour!

«Dès septembre et octobre 2017, les chasseurs séjourneront dans l’île d’Anticosti pendant sept jours, au lieu de cinq, et ils pourront chasser pendant six jours, au lieu de quatre, sans augmentation du prix du forfait», a-t-il fait savoir. «Chaque chasseur aura donc 50 % plus de temps pour chasser et pour apercevoir des cerfs, sans qu’il ne lui en coûte plus cher!», a-t-il dit. Les vols pour Anticosti — à partir des aéroports de Montréal, de Québec ou de Mont-Joli — auront lieu les samedis et mardis. Cet automne, c’est un appareil Dash-8 Bombardier d’Air Inuit qui amène les chasseurs et leurs bagages à Port-Menier; pour le retour, cet appareil ramène passagers et leurs bagages à leur point de départ, tandus qu’un Beechcraft King Air transporte les carcasses des chevreuils récoltés.

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Il y aura même une baisse du coût du forfait pour les chasseurs fréquentant le territoire de Cormoran, en septembre et octobre 2017, parce que le séjour dans cette région de l’île d’Anticosti y est déjà d’une durée de sept jours. Toutefois, en novembre et décembre, la durée des séjours de chasse dans l’île demeurera généralement la même que maintenant. La saison normale de chasse du cerf de Virginie dans l’île d’Anticosti va du 1er septembre au 30 novembre; la saison dite de chasse d’hiver va du 1er au 16 décembre.

«La SÉPAQ-Anticosti souhaite que des milliers de chasseurs de chevreuil, parmi les quelque 170 000 qui achètent annuellement des permis pour chasser le cerf de Virginie dans le Québec continental, viendront vivre l’expérience de la chasse dans l’île d’Anticosti au moins une fois dans leur vie», de souligner le directeur Threlfall.

«On m’a dit que j’aurais tous les pouvoirs pour satisfaire la clientèle», nous a précisé Threlfall, ajoutant : «Je suis à l’étude présentement. Il y a eu des initiatives antérieures, dont certaines ont connu bien du succès. Je vais voir s’il y a d’autres projets réalisables qui pourraient profiter à tous, c’est-à-dire aux clients de la SÉPAQ-Anticosti ainsi qu’aux industries et aux commerçants locaux, avec qui nous souhaitons demeurer en harmonie», a-t-il précisé.

C’est sûr que Threlfall cherche à fidéliser la clientèle de la SÉPAQ-Anticosti, au moment où l’industrie de la chasse connaît une baisse de ses revenus depuis la crise économique qui durement frappé le monde en 2008. «J’entends développer des stratégies pour répondre aux attentes les plus pressantes de notre clientèle actuelle et des clients potentiels», dit-il. Les chasseurs étatsuniens ne sont pas revenus dans l’île d’Anticosti comme ils le faisaient avant cette crise économique de 2008, même s’ils peuvent maintenant bénéficier de la baisse de valeur du dollar canadien par comparaison à leur dollar. Threlfall souligne que les chasseurs en provenance des États-Unis fréquentant l’île d’Anticosti ne représentent maintenant que 16 % de toute la clientèle de la SÉPAQ-Anticosti, alors qu’ils composaient jadis près de 50 % de cette clientèle.

Un véritable paradis pour les chasseurs

Vous savez, ou devriez savoir que l’île d’Anticosti supporte un cheptel d’au moins 166 000 cervidés, selon un inventaire scientifique réalisé en 2006. Certains biologistes estiment que le total des hardes de cerfs y dépassent maintenant le quart de million de têtes! Dans les secteurs de l’île où l’habitat est propice aux chevreuils, la densité des cerfs atteint plus de 20 têtes/km². C’est surtout le cas des territoires de chasse de l’île gérés par la SÉPAQ-Anticosti, c’est-à-dire environ la moitié de la superficie globale d’Anticosti. Vous comprenez donc pourquoi on qualifie de paradis de la chasse du chevreuil cette île située au milieu du golfe du Saint-Laurent, entre la Gaspésie et la Côte-Nord.

C’est qui explique que chaque chasseur peut rapporter aujourd’hui au moins deux cerfs par séjour de cinq jours — et même trois chevreuils, durant certaines périodes de l’automne dans certaines régions de l’île d’Anticosti — en se procurant à Port-Menier un nouveau permis de chasse spécifique à l’île à tous les cinq jours! Les endroits où cela est possible, en Amérique du Nord et même dans le monde, sont extrêmement rares… Si cela existe à Anticosti, c’est parce que les chevreuils y sont en abondance, et qu’il faut protéger la forêt pour les générations futures… de chevreuils!

Depuis les trois dernières décennies, chaque chasseur fréquentant l’île d’Anticosti rapporte à la maison, en moyenne, 1,85 chevreuil. Ce qui est nettement plus chanceux que dans le Québec continental (c’est-à-dire sur la terre ferme de la province, à l’exception d’Anticosti). Et, dans l’île d’Anticosti, une chasseur peut récolter indistinctement les cerfs mâles adultes, les biches ou les faons, à son choix.

Exclusivité et sécurité

Ce qui attire tant les chasseurs dans l’île d’Anticosti, c’est l’exclusivité du territoire fréquenté par chacun d’eux, et la sécurité qui en découle. Bien sûr, la possibilité de récolter deux cerfs ou plus par séjour, et des cerfs de n’importe quel âge et sexe, est attirante.

En effet, chaque chasseur jouit quotidiennement de l’exclusivité d’un territoire d’une superficie de ± 15 km² : le chasseur est assuré qu’il ne verra pas un inconnu se pointer à l’horizon pour lui faire compétition, pour lui chercher noise, pour l’intimider, pour gâcher son plan de chasse et son plaisir. Le chasseur d’Anticosti peut alors procéder à sa chasse à son goût : à la chasse fine ou à la chasse à partir d’un affût.

Le directeur Threlfall a précisé que l’on a entrepris d’identifier, avec des plaques bien claires, plus de 1200 sentiers dans lesquels les chasseurs peuvent circuler à pied pour déceler leur gros gibier. Par ailleurs, on accélère la construction de caches fermées qu’on dispose sur les passes les plus utilisées par les cervidés. Les chasseurs qui prennent de l’âge apprécient énormément ces caches fermées — qu’ils ont baptisées «abribus» ou «cabines téléphoniques»— qui les protègent des intempéries en attendant la venue du gibier à portée de tir.

Réservez un an à l’avance…

Pour chasser dans l’île d’Anticosti, il est possible de réserver sa place une année à l’avance. Par exemple : à la date d’aujourd’hui, vous pouvez acheter un forfait pour le mois de septembre et pour le début d’octobre 2017. Les responsables de la chasse du chevreuil dans l’île accordent à leurs clients fidèles le privilège de réserver leur place au terme de leur séjour. Sachez que les clients, anciens ou nouveaux, peuvent réserver des places libérées pour toutes sortes de raisons par d’anciens clients.

Les chasseurs clients fidèles de la SÉPAQ-Anticosti ont donc le loisir d’acheter un forfait de chasse pour l’année suivante dans le même territoire, aux mêmes dates, ou bien dans un autre territoire et à d’autres dates, si des places convoitées ont été libérées. Vous devez donc vous empresser de vérifier si c’est actuellement le cas, en joignant les responsables de la chasse à la SÉPAQ-Anticosti : 1 800 463-0863, sans frais (ou 1 418 535-0156, à vos frais, si la ligne sans frais est occupée). Avant de téléphoner à la SÉPAQ-Anticosti, vous pourrez vous faire une idée de tous les forfaits de chasse offerts en analysant le site web : http://www.sepaq.com/sepaq-anticosti/chasse/index.dot Je vous précise que certaines places de chasse sont encore offertes durant le présent automne : les premiers à les réclamer les remporteront!

Threlfall peut vous assurer que son équipe de quelque 150 employés compétents fera tout en son pouvoir pour rendre mémorable votre séjour dans l’île. Quant à lui, il ne craint pas de relever les défis qui se présenteront à lui : «Je constate qu’il existe ici à peu près la même problématique que dans le Nord-du-Québec. Je suis déjà habitué à gérer toute la logistique d’une grande pourvoirie en région éloignée : avions, camions, hébergement, nourriture, guides, etc.»

Des chevreuils en masse!

Les rangs des hardes de chevreuils d’Anticosti avaient été décimés durant les très durs hivers de 2013 et 2014. La chasse dans l’île a été bien difficile durant les automnes 2014 et 2015. Mais, cette année, c’est la joie pour les chasseurs! L’hiver a été clément pour les cerfs, tout comme l’ont été les printemps et les étés qui ont suivi, de telle sorte qu’on voit aujourd’hui autant de cervidés qu’on en voyait jadis.

Personnellement, lors de mon séjour durant la dernière semaine de septembre, j’ai pu observer 35 chevreuils au cours de ma première journée de chasse. En automne 2015, j’en avais vu seulement 25 durant mes quatre journées de chasse… Cette année, mes cinq compagnons et moi avons vu de nombreuses biches bien grasses suitées d’au moins un faon, souvent de deux, parfois même de trois! Les daguets (ou «spikes») âgés d’un an et demi sont relativement nombreux, ce qui laisse supposer que les «quatre pointes» et les «six pointes» seront nombreux durant l’automne 2017, puis que des «huit pointes» et se pointeront nombreux lors de la saison de chasse de 2018. À la condition que les deux prochains hivers et les deux prochains printemps soient cléments, peu neigeux et peu froids pour assurer la survie des chevreuils…

C’est en compagnie de Jean-Paul English, de Gaspé, chef guide du Pavillon Vauréal, que j’ai réussi à récolter mes deux chevreuils autorisés durant ma première journée de chasse. English, qui guide les chasseurs de cerf d’Anticosti depuis maintenant 33 ans, a des yeux perçants pour apercevoir les cervidés de bien loin. Les six chasseurs du groupe dont j’étais ont récolté les 12 chevreuils autorisés.

Durant le reste du séjour, j’ai pu photographier des chevreuils pour illustrer mes chroniques futures traitant de ce gros gibier), puis je me suis reposé… en écrivant des courriels à des parents et amis pour les informer de mon succès (le Pavillon Vauréal est doté d’un réseau Wi-Fi que vous pouvez utiliser pour communiquer avec la… civilisation, si vous le souhaitez). J’ai dégusté les succulents et copieux repas préparés par le chef cuisinier Nicolas Bergeron, de Jonquière, si gracieusement servis par l’hôtesse Myriam Dallaire, de La Baie.

Dans l’île d’Anticosti, il est permis de pratiquer la «chasse de groupe», si les membres du groupe ont signé un formulaire à cette fin avant d’entreprendre la chasse. Ce qui signifie qu’un chasseur qui a récolté ses deux chevreuils peut continuer de chasser pour le bénéfice d’autres chasseurs du groupe moins chanceux. Nous n’avons pas eu à pratiquer cette «chasse de groupe» durant notre récent séjour. Ce fut également le cas d’autres clients séjournant dans le Pavillon Vauréal en même temps que nous : André Beaupré, de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier (gestionnaire retraité du domaine hospitalier) et son fils Jean-François, de Québec (avocat au ministère des Affaires municipales), de même que Jean Boutin, de Québec (électricien retraité de la base des Forces armées canadiennes de Valcartier), et Serge Bédard (retraité du transport routier au long cours). Ces chasseurs, qui ont bénéficié des services du guide Wilbrod Tremblay, de Rivière-au-Renard Ouest en Gaspésie, ont l’intention de revenir souvent au paradis de la chasse du chevreuil.

5 Commentaires

Michel gagnon 23 octobre 2016 a 15 h 10 min

Bonjour jnai bien lu et interressant j ai eu l experience en 1984 a 1988 jbai ete 4 fois et j ai ete a l autonne 2015 et se n est pas pareil dans le passer ont pouvait comter 8 a 10 chevreils et plus par jours par chasseur et l annee passer en 5 jours a 4 chasseur 1q chevreuil et nous avons recolter 3 seulement et ont nous disais qu ils en a a tonnes fausse information et les guides nous ont dit que le chevreul est a 50% de se que la sepaq dise comment nous pouvont avoir l assurance de c est dire presentement nous etions a l areport et les chasseur etais tousse dessus la moyenne etait 2 .5 chevreuille par groupe de 4 pas fort et c etais la derniere semaine d octobre les guide que je connais et je ne peut dire leurs nom son encore la eux nous dise les informatiin sont trucquer par la sepaq comment comme chasseur savoir la veriter je suis ravis qu il est du changement mais faut aussi prouver qu il a bien du chevreuil comme ils disent car pour moi il na pas plus de 80 .000 milles et encore car meme en novembre le couts est plus elever pour chasser et des cooains et amis o t payer plus de 2500.00 chacun et sont revenu avec 3 chevreuils sur 8 pas fort et en plus avec guide pas plus fort et c est des chasseurs experimenter et non des debutant moi sa fait 38 ans que je chasse et j ai du succes et encore j apprend de nouvelle methode la j aimerais avoir une reponse de mon commentaire car j aurais aimer retourner mais j ai ete dessus de se qu ils dise et se que la realiter
Merci de me lire

steeve crousset 23 octobre 2016 a 18 h 25 min

jai été a l’île au debut octobre,précisement du 6 au 11 oct 2016 et jai vu beaucoup de chevreuils,mais aucun mâle,donc jai recolter 2 femelles et mes coéquipiers aussi donc un total de 8 femelles pour 4 chasseurs…Je dois dire cependant que les chevreuils sont plus gros cette années que les 2 dernieres fois que j’y ai été. Je compte y retourné l’an prochain si dieu le veut.

Michel 23 octobre 2016 a 21 h 07 min

La Sepaq éprouve de la difficulté à combler ses forfaits et la raison est bien simple: de un, c’est très cher pour ce qu’on reçoit en retour et deux, il n’y a pas plus de gibier sur leurs territoires. Donc on vous offre des chalets sans eau ni électricité pour $1,500.00 avec un territoire qui leur est inconnu et qui n’est pas appâté. Les pourvoyeurs offrent de bien meilleurs services avec des territoires qui leur sont connus pour la moitié du prix, des chalets tout confort et ils se fendent en quatre pour te servir. En ce qui me concerne, Anticosti c’est encore pour les bien nantis. $3,000.00 pour tirer 2 chevreuils c cher comparativement à 7 ou 800.00 pour une semaine en pourvoirie. j’aimerais mieux mettre 4-5,000 et aller chasser en Saskatchewan. TK c’est mon opinion.

Yvon Shooner 27 octobre 2016 a 0 h 22 min

Bonjour cher monsieur Bellemare..,
Dans votre chronique vous faite mention qu’une personne qui est déjà inscrite a L’Ile Anticosti peut automatiquement réserver pour l’année suivante. Ne pensez-vous pas que cela semble vouloir dire qu’ Anticosti est un endroit qui devient un peu comme un club privé, car si on veut aller pêcher ou chasser il faut attendre qu’une ancienne réservation se désiste. Cela fait deux ans que j’essais de réserver et c’est toujours complet.
Avec la nouvelle solution de réservation 7 jours au lieu de 5, ce sera encore plus difficile…. de réserver.
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Qu’en pensez-vous ??????

P.S.: Pour la chasse, j’ai un beau-frère qui y est allé plusieurs fois et il m’avait fait le même commentaire que Monsieur Michel Gagnon, spécifiant qu’il y avait beaucoup moins de chevreuils qu’avant et que la chasse y était beaucoup plus difficile.
Au plaisir de vous relire, vos chroniques sont toujours des plus intéressantes.

Andre Chatel 2 avril 2017 a 21 h 52 min

C’est avec un immense plaisir que je vais être à la chasse sur cette île merveilleuse , 41 ans sans jamais sauter une année même 2 fois par année depuis 2014 ,j’ai parcouru les 4 points cardinaux sans jamais être déçu
Cette liberté est la plus belle thérapie qu’un être humain puisse connaître ,découvrez ce bonheur ,ce regain d’énergie qui me procure à chaque annee une satisfaction digne de mention

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